L'idée générale
Le texte classe les usages de l'IA selon leur risque. Plus l'usage peut porter atteinte aux personnes, plus les obligations sont fortes. Quelques usages sont carrément interdits - la notation sociale des citoyens, par exemple.
Entre les deux, une gradation : à haut risque (recrutement, crédit, sécurité), à risque limité (les agents conversationnels, qui doivent se signaler comme tels), et à risque minimal, où l'on trouve la grande majorité des usages professionnels courants.
Où se situe votre entreprise
Si vous utilisez l'IA pour rédiger des courriers, résumer des documents ou générer des visuels, vous êtes dans la catégorie la plus légère. Pas d'obligation particulière au-delà du bon sens.
Ça change si vous utilisez l'IA pour trier des candidatures, évaluer des salariés ou décider d'accorder un service. Là, on entre dans les usages sensibles, avec des exigences de transparence et de contrôle humain.
La règle qui vous concerne vraiment
Si vos clients dialoguent avec un robot sur votre site, ils doivent savoir que c'est un robot. C'est du bon sens commercial autant que réglementaire : personne n'aime découvrir après coup qu'il parlait à une machine.
Le lien avec le RGPD
C'est le point le plus important pour une PME, et il est souvent négligé. L'AI Act ne remplace pas le RGPD : il s'y ajoute. Si vous donnez des données personnelles à un outil d'IA, toutes les règles habituelles continuent de s'appliquer - finalité, durée, information des personnes.
Autrement dit : la vraie question du moment n'est pas « suis-je conforme à l'AI Act », mais « où partent les données que je confie à ces outils ».
Ce qu'il faut faire aujourd'hui
Rien d'urgent, mais deux réflexes utiles : savoir quels outils d'IA sont utilisés dans l'entreprise, et poser par écrit ce qu'on a le droit d'y mettre. Ces deux points suffisent à couvrir l'essentiel - et ils servent de toute façon.