Le calcul, en trois lignes
Prenez le nombre de personnes qui ne peuvent pas travailler sans informatique. Multipliez par leur coût chargé journalier, environ 220 € pour un salaire médian. Multipliez par le nombre de jours d'arrêt.
Douze personnes, trois jours : 7 920 €. C'est le plancher, pas l'estimation.
Pourquoi c'est un plancher
Ce calcul ne compte que la masse salariale immobilisée. Il ignore le chiffre d'affaires non réalisé, les commandes parties ailleurs, les pénalités de retard, et le temps de rattrapage une fois le système revenu, qui dure souvent plus longtemps que la panne.
Il ignore aussi ce qui ne se chiffre pas : le client qui a appelé trois fois sans réponse et qui ne rappellera pas.
Trois jours, c'est réaliste ?
C'est même optimiste sans préparation. Après un rançongiciel, la remise en service d'un parc de quinze postes et d'un serveur prend rarement moins de deux jours, et cela suppose une sauvegarde saine et testée.
Sans sauvegarde exploitable, on ne parle plus de jours mais de semaines, et parfois de reconstruction complète des données à partir du papier et des boîtes mail.
La comparaison qui décide
Un contrat de maintenance pour quatorze postes et un serveur tourne autour de 680 € HT par mois. L'arrêt de trois jours calculé plus haut représente donc onze mois et demi de contrat.
Autrement dit : un seul incident sérieux coûte presque une année entière de contrat. Et ce chiffre, rappelons-le, n'est qu'un plancher.
Ce que le contrat achète vraiment
Pas l'absence de panne, personne ne peut la promettre. Il achète la durée : une panne traitée en deux heures au lieu de deux jours, parce que la surveillance a alerté avant que ça casse, parce que la sauvegarde est testée, et parce que quelqu'un connaît déjà votre installation.
La différence entre une frayeur et une fermeture ne tient presque jamais à la gravité de l'incident. Elle tient à la préparation.
Ce qu'on observe sur le terrain
Les arrêts les plus coûteux ne viennent presque jamais d'un événement spectaculaire. Ils viennent d'un disque qui lâche sur un serveur sans redondance, d'une mise à jour appliquée sans test un vendredi, ou d'un courriel ouvert par la bonne personne au mauvais moment.
Le point commun : l'incident était prévisible. Un disque qui va lâcher le signale des semaines à l'avance dans ses compteurs, à condition que quelqu'un les regarde.
Les trois postes que personne ne compte
Le rattrapage. Une fois le système revenu, il faut ressaisir ce qui a été noté sur papier, rappeler ceux qu'on n'a pas pu joindre, refaire les devis perdus. Ce temps-là dure souvent plus longtemps que la panne elle-même.
Le dirigeant. Pendant l'incident, il ne fait plus son métier : il gère. Son coût journalier n'entre jamais dans les calculs, alors que c'est le plus élevé.
La réputation. Le client qui a appelé trois fois sans réponse ne vous dira pas qu'il est parti ailleurs. Vous le constaterez au trimestre suivant, sans faire le lien.
Une question plus utile que le prix
Avant de comparer des devis de maintenance, posez-vous celle-ci : combien de jours de données puis-je perdre sans que ce soit grave ?
Si la réponse est « aucun », une sauvegarde quotidienne ne suffit pas, il faut des points de restauration plus rapprochés. Si la réponse est « une semaine », le dispositif peut être plus léger et moins cher. C'est cette réponse qui doit dicter le contrat, pas l'inverse.