Le scénario
La comptable reçoit un message du dirigeant. Ton pressé, confidentiel, une opération en cours dont personne ne doit parler. Un virement à faire aujourd'hui, vers un nouveau compte. Le dirigeant est en déplacement, injoignable, mais il fait confiance.
Tout est faux, sauf la pression. Et la pression, c'est ce qui fait sauter les vérifications.
Pourquoi ça fonctionne
Parce que l'escroc a travaillé. Il connaît le nom du dirigeant, celui de la comptable, l'organigramme, parfois le nom d'un vrai client. Tout ça se trouve sur votre site, sur LinkedIn, dans les annuaires d'entreprise. Ce n'est pas du piratage, c'est de la préparation.
Et parce qu'il joue sur trois ressorts humains très solides : l'autorité, l'urgence et le secret. Le secret est le plus vicieux - il interdit précisément le réflexe qui sauverait tout : en parler à un collègue.
La parade tient en une règle
Tout changement de coordonnées bancaires ou tout virement inhabituel se vérifie par téléphone, sur un numéro connu à l'avance. Pas le numéro indiqué dans l'e-mail. Le numéro que vous avez déjà dans vos contacts.
C'est tout. Cette règle, appliquée sans exception, neutralise l'immense majorité de ces tentatives.
Le rôle du dirigeant
Il est décisif, et il est souvent mal joué. Si vous dirigez l'entreprise, dites-le clairement à vos équipes : « Je ne vous demanderai jamais un virement urgent et confidentiel par e-mail. Si ça arrive, c'est un faux. Et vous avez le droit de m'appeler pour vérifier, même si je suis en réunion, même si ça vous semble idiot. »
Une comptable qui a peur de déranger son patron est exactement la cible recherchée.
La variante fournisseur
Même mécanique, autre décor : un fournisseur habituel vous informe d'un changement de RIB. La facture est vraie, le montant est juste, seul le compte a changé. Même parade : un coup de fil au numéro que vous connaissez.