Tester sa reprise (sans attendre le sinistre)

Cybersécurité · juin 2026 · 2 min de lecture

Tout le monde a un plan. Presque personne ne l'a essayé. Et un plan qu'on n'a jamais testé n'est pas un plan : c'est un espoir.

L'exercice minimal

Deux heures, un mardi matin, sans prévenir personne à l'avance. La question posée : « Le serveur est mort cette nuit. Qu'est-ce qu'on fait ? »

On ne casse rien. On déroule simplement les étapes à voix haute, en vérifiant à chaque fois qu'on pourrait réellement les faire.

Les questions qui font mal

  • Qui a le mot de passe administrateur ? Et si cette personne est en vacances ?
  • Où sont les sauvegardes, physiquement ? Qui peut y accéder ?
  • Quel est le numéro du prestataire ? Il est noté où - dans l'ordinateur en panne ?
  • Combien de temps prend la restauration ? Personne ne le sait vraiment.
  • Sait-on quels logiciels réinstaller, avec quelles licences ?
  • Que dit-on aux clients, et qui le dit ?

Ce qu'on découvre à chaque fois

La sauvegarde fonctionne, mais personne n'a jamais restauré et on ignore si ça prend deux heures ou deux jours. Les licences sont dans un mail perdu. Le seul qui connaît la configuration du logiciel métier est parti l'an dernier. Le disque de sauvegarde est dans le même placard que le serveur.

Aucune de ces découvertes n'est agréable. Toutes valent mieux faites un mardi matin qu'un vendredi soir en pleine crise.

Le test qui compte le plus

La restauration réelle. Prenez un dossier, restaurez-le pour de vrai depuis la sauvegarde, chronométrez. Vous obtenez deux réponses : est-ce que ça marche, et combien de temps ça prend.

C'est le seul moyen de savoir. Un rapport de sauvegarde en vert ne prouve pas qu'on peut récupérer les données.

Le document qui en sort

Une page, pas plus. Qui appeler et dans quel ordre, où sont les sauvegardes, les mots de passe critiques rangés en lieu sûr, la liste des logiciels à réinstaller, le message type pour les clients.

Imprimez-la. Une procédure de secours stockée uniquement sur le serveur en panne n'a jamais servi à personne.

À quelle fréquence

Une fois par an suffit largement. Et à chaque changement significatif : nouveau serveur, nouveau prestataire, départ de la personne qui savait tout.

Un exercice encadré, une fois par an

On mène le test avec vous, on chronomètre une vraie restauration et on repart avec la fiche de reprise à jour.

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Photo : Field Engineer - Pexels