L'exercice minimal
Deux heures, un mardi matin, sans prévenir personne à l'avance. La question posée : « Le serveur est mort cette nuit. Qu'est-ce qu'on fait ? »
On ne casse rien. On déroule simplement les étapes à voix haute, en vérifiant à chaque fois qu'on pourrait réellement les faire.
Les questions qui font mal
- Qui a le mot de passe administrateur ? Et si cette personne est en vacances ?
- Où sont les sauvegardes, physiquement ? Qui peut y accéder ?
- Quel est le numéro du prestataire ? Il est noté où - dans l'ordinateur en panne ?
- Combien de temps prend la restauration ? Personne ne le sait vraiment.
- Sait-on quels logiciels réinstaller, avec quelles licences ?
- Que dit-on aux clients, et qui le dit ?
Ce qu'on découvre à chaque fois
La sauvegarde fonctionne, mais personne n'a jamais restauré et on ignore si ça prend deux heures ou deux jours. Les licences sont dans un mail perdu. Le seul qui connaît la configuration du logiciel métier est parti l'an dernier. Le disque de sauvegarde est dans le même placard que le serveur.
Aucune de ces découvertes n'est agréable. Toutes valent mieux faites un mardi matin qu'un vendredi soir en pleine crise.
Le test qui compte le plus
La restauration réelle. Prenez un dossier, restaurez-le pour de vrai depuis la sauvegarde, chronométrez. Vous obtenez deux réponses : est-ce que ça marche, et combien de temps ça prend.
C'est le seul moyen de savoir. Un rapport de sauvegarde en vert ne prouve pas qu'on peut récupérer les données.
Le document qui en sort
Une page, pas plus. Qui appeler et dans quel ordre, où sont les sauvegardes, les mots de passe critiques rangés en lieu sûr, la liste des logiciels à réinstaller, le message type pour les clients.
Imprimez-la. Une procédure de secours stockée uniquement sur le serveur en panne n'a jamais servi à personne.
À quelle fréquence
Une fois par an suffit largement. Et à chaque changement significatif : nouveau serveur, nouveau prestataire, départ de la personne qui savait tout.